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Marc Vanden Bossche, un créateur passionné d'échanges

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  • Nom : Vanden Bossche
  • Prénom : Marc
  • Métier : Crateur et designer

Son Show Room "FAN WA NOUR" se trouve dans la zone industrielle de Sidi Ghanem.
C’est un créateur tourné vers les autres qui est sans cesse à la découverte de nouvelles idées et de nouvelles collaborations artistiques.
Son terrain d'action favori : La maison et son intérieur

Leslie :

D’oà? vous viens votre goà»t pour les beaux objets ?

Marc :

Cela remonte à très loin, je me rappel quand j’étais gamin, dans le grenier de ma grand-mère qui était un vrai grenier avec plein de trésors, je m’amusais déjà à faire des décors et des pièces de théà?tre avec mes cousins. C’était un grand capharnaà?m rempli d’objets africains, à ce moment là , c’était déjà une découverte des jolis objets.
Et puis j’ai eu la chance d’avoir dans ma famille des gens qui m’ont intéressé à l’art, aux musées, à la lecture donc depuis tout petit, j’ai toujours aimé les jolies choses.

Leslie :

Qu’est ce qui vous a attiré a Marrakech ?

Marc :

En achetant du vin, j’ai répondu au coupon réponse d’un concours oà? l’on pouvait remporter un voyage à Marrakech, et j’ai gagné! (rire) Et puis j’avais un ami qui était déjà installé dans la ville, j’ai donc tenté et au final je suis resté !
Cela s’est fait en 6 mois environ, le choix entre la grisaille de Belgique et le soleil du Maroc a été vite fait ! Sans oublier le changement d’ambiance et de vie au quotidien qui m’ont beaucoup plu.
Il y a 10 ans Marrakech, c’était un grand village sans les supermarchés et les infrastructures qu’il y a maintenant, c’était une vie radicalement différente pour moi, très sympa à découvrir.
Mais je ne regrette pas l’évolution de la ville, pour le cà?té pratique Marrakech est maintenant mille fois mieux, la culture s’est développée, le cinéma, il y a tellement de choses que l’on a maintenant et qu’il n’y avait pas à mon arrivée.

Leslie :

D’autres villes du Maroc vous ont-elles touchées autant que Marrakech ?

Marc :

J’aime beaucoup Tanger, quand je suis revenu au Maroc par la suite pour m’installer, j’ai pris le bateau et je suis arrivé par le port, la ville m’a impressionné. La médina est magnifique et la nouvelle ville, qui est quand même ancienne puisque ce sont beaucoup de bà?timents des années 20-30, est juste sublime.
Actuellement j’ai un engouement particulier pour Casablanca, que je découvre chaque fois un peu plus, et maintenant que j’ai un GPS dans ma voiture, c’est beaucoup plus cool (rire)! Je peux visiter la ville d’une autre manière. Casa est magnifique, c’est une très belle ville, un peu en mauvais état mais une ville incroyable.

Leslie :

Selon vous, quel est le lien entre le monde du design contemporain et celui de l’artisanat marocain ?

Marc :

On en trouve toujours puisque la base du design c’est quand même l’artisanat d’art, il y a une connotation très proche entre les deux. Il est vrai que les gens ont un temps interprété design uniquement à industrie ce qui est un peu faux puisque l’on revient maintenant de plus en plus à des petits créateurs, des petites unités de production, qui produisent justement à la main et qui façonnent les choses d’une manière magnifique et bien plus enrichissante.
On va même y revenir de plus en plus car avec le recyclage et la récupération des matières premières, on pense à retravailler beaucoup plus les choses de manière manuelle. C’est une redécouverte.
Les gens en Europe n’ont plus le réflexe de choisir un bel objet pour la manière dont il a été fabriqué. Maintenant on achète de manière compulsive, parce que c’est beau, parce que c’est sympa, parce que ce n’est pas cher, parce que ça a de la gueule mais on ne va plus regarder la manière dont l’objet est fait. Et je trouve que c’est dommage parce que c’est quand même à cela que l’on reconnaà?t les belles choses.

Leslie :

Avez- vous, depuis vos débuts dans le décor évènementiel, le sentiment que vos créations sont une continuité, ou votre arrivée à Marrakech à été pour vous un véritable renouveau dans votre travail ?

Marc :

Tout à changé car à l’époque je faisais de l’évènementiel, je travaillais pour des chaines de télé, des catalogues; l’évènementiel, c’est beaucoup de travail pour très peu de reconnaissance, ont fait et puis deux jours après, allez on brà»le tout ! En général on n’a même pas le temps de faire une photo, le résultat est complètement éphémère et on n’a pas de retour réel des choses.
En venant ici et en ayant la possibilité de travailler avec des Malems (artisans) et des gens qui ont ça dans les mains et dans le sang, j’ai pu créer des objets, dessiner des choses, prendre le temps et ce fà»t magique.
Maintenant je reviens un petit peu au décor événementiel pour me faire plaisir, cela permet de changer ce que l’on a dans la tête, et d’alterner c’est sympa.

Leslie :

De quoi nourrissez-vous votre inspiration ?

Marc :

Je lis énormément, mais alors de tout, des livres, des magasines et je suis gros mangeur de choses sur la décoration, les expositions et sur internet oà? le monde s’ouvre et oà? je peux constamment y découvrir de nouvelles choses. Mes sources d’inspirations sont aussi autour de moi, mes amis, des conversations, des envies, dès que c’est beau, je m’attarde.

Leslie :

Quelles sont vos matières favorites, celles qui vous passionnent le plus ?

Marc :

J’adore la céramique, je trouve qu’elle devrait être remis au goà»t du jour en tant qu’objet plus qu’en tant que matériel de service à café. C’est une matière qui reste vivante, qui passe à travers les années et qui mérite beaucoup d’attention.
J’adore le cuir, c’est vraiment une de mes matières favorites, je dessine beaucoup d’objets en cuir, de la bagagerie, des sacs et des meubles entièrement recouverts.
J’aime beaucoup le métal également, en revanche le bois au maroc n’est pas ce que je préfère, c’est soit pas assez tribal et ethnique pour me plaire, soit ce n’est pas non plus assez raffiné, c’est beaucoup trop entre les deux à mon goà»t.

Leslie :

Pouvez vous nous expliquer comment d’une idée vous passez à sa réalisation ?

Marc :

C’est toute une mise en œuvre qui dépend d’abord du destinataire, si l’idée est pour nous même ou si l’idée est destinée à un client qui a des besoins et des envies.
Lorsque la création est pour un client, on essaye de mettre ses envies en arrière et on réfléchit dans son sens à lui.
Une fois le dessin réalisé, on passe à un plan technique et ensuite à la réalisation. Je travail avec beaucoup de gens différents, des maitres artisans ou des malems, il y a un vrai échange de culture, un partage des savoirs-faire ; une valeur apportée à tout le monde que je trouve particulièrement stimulante.

Leslie :

Que vous a apporté la culture marocaine dans vos créations ?

Marc :

L’architecture marocaine est intéressante, il manque encore cette culture de la conservation du patrimoine mais espérons que la prise de conscience continuera le chemin déjà commencé.
La partie culturelle du pays est quand même énorme et il y a à découvrir bien au delà du souk et des choses que les touristes visitent habituellement.
L’ambiance d’ici inspire, les couleurs, les odeurs, le contact humain, c’est surtout ça le maroc. Ici on accepte plus facilement les choses de la vie, il y a un certain sens de la fatalité, le « In’challa » veut tout dire et rend les gens moins stressés dans leur vie.
Les paysages marocains sont également magnifiques, on passe d’un paysage lunaire, à un paysage verdoyant, c’est une hallucination et les montagnes sont impressionnantes, c’est une vraie richesse pour mes créations.

Leslie :

Quel est votre ressenti sur l’évolution du design marocain ?

Marc :

Il a y beaucoup de créateurs qui font des choses magnifiques comme Younes duret, Hicham Lahlou, Amina Agolinet, il y en a plein. Actuellement on constate qu’il y a une réelle émergence de l’art contemporain au maroc et cela va aller plus loin qu’on ne le pense, c’est maintenant qu’il faut acheter cet art et cet artisanat d’art. Les cà?tes vont monter et ces œuvres vont valoir une fortune.
C’est donc grà?ce à tous les acteurs du pays qu’on peut dire que le design au Maroc évolue sans cesse.

Leslie :

Pourquoi avoir agrandi votre Show room pour y faire en plus une galerie ?

Marc :

J’ai toujours dans ma famille eu des gens qui ont possédé des galeries ou des librairies, c’est quelque chose qui me plait, je suis un commerçant dans l’à?me, en Belgique j’avais deux commerces, mon entreprise de décorations et un petit magasin. J’aime bien le commerce d’échange, et avoir une galerie d’art c’est mettre en avant d’autres artistes.
Je n’avais pas envie d’avoir un endroit ou l’on dit : « Ah ! Là on est chez lui car on ne voit que ses pièces », je trouve plus intéressant et plus riche de mélanger les pièces de plein de gens. Ce sont toujours des coups de cœur, on échange des conversations, on se fait plaisir et on essaye de faire plaisir aux autres et je trouve cela plus malin.
Il y a 15 jours, nous avons fait le vendredi soir l’exposition « Black box ». C'était de la vidéo projection, impalpable, in-achetable, mais très intéressante justement car on a vraiment fait découvrir à nos clients, le savoir faire d’artistes qui font des films créatifs et qui méritent d’être dans la lumière. C’est un très beau support, riche et interactif. Je crois que je ne pourrais pas vivre sans faire ce genre de choses.

Leslie :

Que pensez-vous de Sidi Ghanem et de son développement ?

Marc :

Quand je suis arrivé il y a dix ans, il n’y avait pas grand-chose, on se comptait sur les doigts d’une main, c’était quand même un quartier désert ou les taxis refusaient d’aller ! (rire)
L’évolution c’est faite progressivement même si sidi Ghanem était déjà une zone industrielle. Il y avait un moteur représenté par quelques boutiques et show-room et les gens trouvaient cela assez alternatif de venir se promener dans les magasins d’ici. Et encore à l’heure actuelle, c’est ce qui fait le coté sympa de ce quartier industriel, c’est un peu le « Soho » de Marrakech.

Leslie :

La braderie de Sidi Ghanem qui a eu lieu il y a trois semaines est-elle un bon outil de communication pour vous ?

Marc :

Dans l’absolu, je pense que tous les outils de communication sont bons, on en a jamais assez, mais on peut aussi toujours faire plus. C’est à l’initiative du groupe Feniadi qui regroupe trois sociétés de la zone, Akkal, Via Notti et Amira Bougie que c’est faite la braderie.
Je trouve l’idée très sympa mais cela pourrait s’étendre à plus de monde encore, quelques part c’est encore très élitiste dans le choix des gens. Je les remercie de m’avoir convié mais faudrait pour bien faire préparer cela des mois avant et rabaisser le prix de la cotisation afin que ce soit accessible à tous les petits commerces de la zone.
Ce serait encore plus vivant si tout le monde ouvrait pendant cette braderie, les cafés, les boutiques, les shows room, la dynamique n’en serait que meilleure.
Dans tous les cas cet évènement a le mérite d’exister et reste un moment important pour la diffusion des créations.

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