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Une exposition à? Dar Cherifa, l'homme et la terre

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La médina de Marrakech recèle de nombreux trésors, qu'il faut savoir dénicher, derrière le décor un peu trop facile d'une ville rouge qui bouillonne pour un tourisme à l'ébahissement passif. Dans le quartier Mouassine, tout près de la Place Jamaa El Fna, il est une maison dont la splendeur s'est mise au service de la culture, des cultures, de toutes les cultures, Dar Cherifa.

Décrire serait réducteur, il faut s'y rendre, y boire un thé en laissant flotter son regard, s'imprégner et savourer. Cela tient du café littéraire, de la galerie d'art, du musée. Mais on n'y vient pas comme dans un musée, presque contraint, juste parce que c'est dans le guide. On y vient par gourmandise curieuse. Il y a une originalité intelligente qui plane,  les échanges sont riches et peuvent être drôles et décalés. Les conférences et les expositions intéressent et interpellent, on réfléchi plus et l'on s'ébahi moins.

Jusqu'au 30 septembre prochain, fidèle à son concept, Dar Cherifa, expose quatre des artistes plasticiens du Groupe Terre, qui en compte sept. Ce groupe, un peu ésotérique, est constitué d'artistes qui, chacun à sa manière, dissimule en lui un lien secret avec cette terre qu'il ressent, tout à la fois, douce matrice, marâtre inflexible, bonne fée et meilleure ennemie.
 
El Imam Djimi, Abdelmalek Boumlik, Mustapha Ghazlani et Mohamed Najahi nous offrent leur vision de la dualité perpétuelle entre civilisation en marche et terre qui recule mais se défend. Y a-t-il une naturalité de l'homme ? Une connivence entre lui et la terre ou sont-ils tous deux des ennemies irréductibles qui vont vers une destruction inéluctable ? Les questions sont posées, les réponses sont cachées dans ces œuvres pastorales.

La diversité des matériaux et des créations est un instantané très réaliste du Maroc. Terre de contraste, mais terre avant tout, monde pastoral qui véhicule une tradition liée intimement à la terre sans laquelle rien ne saurait exister. Par la peinture, la sculpture ou l'art graphique, les artistes  nous entrainent à concevoir la Terre selon tous les axes, géographique, politique, religieux, géologique… Au travers de ces œuvres et de leur créateur, c'est le Maroc pluriel, riche des influences culturelles multiples qui se fait jour. En tentant d'apercevoir la terre selon des angles inusités, en tentant de trouver un langage commun, quel qu'il soit, ces artistes tentent le voyage de la civilisation autrement. Peut être une autre voie, la leur, celle du Maroc.

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