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Les souks de Marrakech : s'y repérer, marchander et bien acheter

Publié le Mis à jour le Lecture : 10 min

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L'essentiel

Marrakech

Entrez par la rue Semmarine, au nord de Jemaa el-Fna. Venez un matin de semaine, en espèces, et proposez la moitié du premier prix.

  1. 1Entrée : place Bab Fteuh, derrière les chariots de jus d'orange, puis tout droit dans Semmarine
  2. 2Horaires : environ de 9 h à 20 h ; le vendredi, beaucoup d'échoppes ferment autour de la prière de midi
  3. 3Babouches : paire simple en cuir, après marchandage de 80 à 200 dh
  4. 4Sac en cuir : sac ou cartable de taille moyenne, après marchandage de 150 à 500 dh
  5. 5Repère : prix fixes à l'Ensemble artisanal, avenue Mohammed V, pour comparer avant d'acheter
Prix indicatifs tirés de guides publiés en 2026, relevés en octobre 2026Espèces en petites coupures

Les souks de Marrakech commencent juste au nord de la place Jemaa el-Fna et s’étendent jusqu’à la médersa Ben Youssef. Ils sont rangés par métier : tissus, épices, tapis, métal, bois, babouches, chacun a sa ruelle. Venez de préférence le matin en semaine, avec des dirhams en petites coupures, et marchandez calmement : le premier prix n’est qu’une ouverture.

Comment les souks sont organisés

Depuis des siècles, chaque corporation d’artisans occupe sa rue ou sa placette. Le souk désigne à la fois le marché et la ruelle d’un métier. Le découpage n’est plus parfait, les boutiques de souvenirs se sont glissées partout, mais il reste un bon moyen de se repérer. Les noms s’écrivent de plusieurs façons sur les plans et les panneaux (Semmarine ou Smarine, Haddadine ou Haddadin).

Souk Semmarine, la grande artère

C’est la rue couverte la plus large, qui part de la place Bab Fteuh, au nord de Jemaa el-Fna, et monte vers le nord. On y trouve tissus, foulards, caftans, lanternes et souvenirs. Plus haut, elle se divise en deux branches : le souk el-Kebir et le souk Attarine.

Souk Attarine, l’ancien souk des parfumeurs

Son nom vient des attar, les marchands de parfums et d’épices. Il en reste quelques échoppes de savons, d’essences et d’épices, mais on y vend surtout aujourd’hui du cuivre, des plateaux et des lampes en métal.

Rahba Kedima, la place des épices

Une petite place ouverte, à droite en montant Semmarine. Herboristes et épiciers y vendent ras el-hanout, cumin, safran, roses séchées, khôl, savon noir et argile ghassoul. Ses terrasses de café en hauteur permettent de souffler et de regarder la place d’en haut.

La Criée berbère, le souk des tapis

Un passage relie la Rahba Kedima au souk des tapis, le souk Zrabia, autour d’une placette appelée la Criée berbère. Le nom vient des ventes à la criée de tapis qui s’y tenaient en fin d’après-midi. Les boutiques de kilims et de tapis noués s’y succèdent. Les vendeurs vous offriront le thé et dérouleront des dizaines de pièces : accepter le thé n’engage à rien.

Souk des teinturiers

Vers la mosquée Mouassine, à l’ouest, les teinturiers suspendent au-dessus de la ruelle des écheveaux de laine et de soie fraîchement teints, rouges, indigo, safran. C’est l’un des coins les plus photographiés des souks : demandez avant de photographier un artisan au travail.

Souk Haddadine, les forgerons

On l’entend avant de le voir : le bruit des marteaux sur le métal. Les forgerons et dinandiers y fabriquent lanternes, grilles, lampes ajourées et plateaux. C’est le meilleur endroit pour voir le travail se faire et acheter une lanterne à la source.

Souk Chouari, les menuisiers

Juste à côté de Haddadine, l’odeur du cèdre signale les menuisiers. Ils travaillent le cèdre et le thuya : boîtes, jeux d’échecs, miroirs, bols. Le thuya vient surtout de la région d’Essaouira, où l’on trouve aussi ces objets dans les souks d’Essaouira.

Souk des babouches et souk Cherratine

Les babouches occupent des rangées entières de boutiques, rangées par couleur, dans le souk Smata. Le souk Cherratine, à l’est, regroupe les maroquiniers : sacs, ceintures, portefeuilles, poufs. C’est là que se jouent la plupart des achats de cuir (voir plus bas).

Entrer depuis Jemaa el-Fna et s’y retrouver

L’entrée la plus simple se trouve au nord de la place Jemaa el-Fna : traversez la petite place Bab Fteuh, derrière les chariots de jus d’orange, et passez sous l’arche de Semmarine. Tant que vous restez sur cette artère, vous ne pouvez pas vous perdre.

Quelques repères pour la suite :

  • Le retour : des panneaux peints aux carrefours indiquent « Place Jemaa el-Fna ». Si vous êtes perdu, demandez à un commerçant installé dans sa boutique plutôt qu’à quelqu’un qui vous aborde.
  • Le téléphone : les applications de cartes fonctionnent dans les grandes rues, beaucoup moins bien sous les toits couverts. Téléchargez la carte hors ligne avant de partir.
  • Les points fixes : la Rahba Kedima, la médersa Ben Youssef au nord et la mosquée Mouassine à l’ouest servent de repères faciles à demander.
  • Le rythme : comptez deux à trois heures pour un premier tour sans achat, une demi-journée si vous voulez comparer.

Pour enchaîner avec un monument au calme, le palais Bahia se trouve à un quart d’heure à pied au sud-est de la place.

Horaires : évitez le vendredi midi

La plupart des boutiques ouvrent entre 9 h et 10 h et ferment vers 20 h, tous les jours de la semaine. Le matin, les ruelles sont plus calmes et les vendeurs plus disponibles. La foule arrive en fin de matinée et culmine en fin d’après-midi.

Le vendredi, jour de la grande prière, beaucoup d’échoppes ferment autour de midi. Certaines rouvrent en milieu d’après-midi, d’autres restent fermées. Les jours de fête religieuse, une grande partie des souks est close. Si vous n’avez qu’une demi-journée, choisissez un autre jour.

Marchander sans se fâcher

Marchander fait partie de l’achat, pas d’un affrontement. La méthode qui fonctionne :

  1. Repérez avant d’acheter. Faites un premier tour, demandez le prix du même objet dans trois boutiques, sans négocier.
  2. Faites annoncer le prix. Ne donnez pas votre budget en premier.
  3. Proposez 40 à 50 % du prix annoncé, puis montez par petits paliers. Pour un souvenir, un accord autour de 50 à 60 % du premier prix est courant. Pour un tapis ancien ou un bijou en or, une offre très basse vexe le vendeur.
  4. Restez souriant et ne marchandez que ce que vous comptez acheter. Une fois le prix accepté, l’achat est conclu.
  5. Partez poliment si le prix ne vous convient pas. Il arrive souvent que le vendeur vous rappelle avec une meilleure offre.

Prix indicatifs après marchandage

Ces fourchettes viennent de guides de voyage publiés en 2026. Elles servent à repérer un prix aberrant, pas à fixer un prix juste : la qualité fait varier tout.

Objet Prix indicatif
Babouches simples en cuir de 80 à 200 dirhams (environ 7 à 18 €)
Babouches brodées ou cuir fin de 250 à 500 dh
Lanterne en métal, taille moyenne de 100 à 500 dh
Sac en cuir, taille moyenne de 150 à 500 dh
Housse de pouf en cuir, non rembourrée de 400 à 800 dh
Kilim de 800 à 3 000 dh
Ras el-hanout de 30 à 60 dh les 100 g

Méfiez-vous du safran bon marché : le vrai ne descend guère sous 30 dh le gramme, et les étals proposent souvent des imitations.

Comparer avec les prix fixes de l’Ensemble artisanal

Avant de marchander, faites un tour à l’Ensemble artisanal, sur l’avenue Mohammed V, à côté du Cyber Parc et à une dizaine de minutes à pied de Jemaa el-Fna. Ce complexe public rassemble des boutiques et des ateliers d’artisans : maroquinerie, babouches, tapis, poterie, bois, métal. Les prix sont affichés et fixes, souvent un peu au-dessus de ce qu’on obtient en marchandant bien dans les souks. Ils donnent un plafond : si un vendeur des souks demande nettement plus pour le même objet, vous savez quoi répondre.

Les horaires publiés vont de 9 h 30 à 19 h du lundi au samedi, avec une fermeture plus tôt le dimanche. Vérifiez sur place, ils changent pendant le Ramadan.

Faux guides et commissions

Le scénario est toujours le même : quelqu’un vous aborde, vous dit que la rue est fermée, qu’il y a une « fête berbère » aux tanneries ou que la coopérative ferme aujourd’hui, et propose de vous montrer le chemin. Il vous conduit dans une boutique qui lui reverse une commission, ou réclame ensuite de l’argent pour la « visite ».

  • Déclinez dès le début : « la, choukrane » (non merci) et continuez à marcher. Ne suivez personne qui vous aborde dans la rue.
  • Les guides officiels portent un badge avec photo et numéro d’agrément, et racolent rarement dans la rue. Votre riad peut en réserver un.
  • Méfiez-vous des enfants qui proposent de vous ramener à la place : la course se termine souvent par une demande d’argent.
  • Aucune boutique n’est « la coopérative de l’État ». Le seul lieu public à prix fixes est l’Ensemble artisanal.

Si vous logez dans la médina, demandez à votre riad un plan annoté avec ses propres repères : c’est la meilleure protection contre les détours. Voir aussi comment choisir un riad à Marrakech selon le quartier et l’accès.

Le cuir marocain : reconnaître un bon cuir et payer le juste prix

Les sacs, babouches et poufs en cuir sont les achats les plus courants des souks, et ceux où la qualité varie le plus. Beaucoup de pièces vendues comme « cuir marocain » sont fabriquées en série, en croûte de cuir ou en matière synthétique enduite.

Les tanneries de Bab Debbagh

Le cuir des souks vient en partie des tanneries traditionnelles de Bab Debbagh, au nord-est de la médina, à une vingtaine de minutes à pied de Jemaa el-Fna. Les peaux de chèvre, de mouton, de vache ou de chameau y trempent dans des fosses de chaux, puis de tanin végétal et de teinture, avant de sécher au soleil sur les terrasses. L’odeur est forte : on vous tendra un brin de menthe à respirer.

La visite des fosses est gratuite. C’est pourtant le haut lieu des faux guides : des hommes prétendent qu’il faut un accompagnateur ou qu’il y a une fête ce jour-là, puis réclament 100 à 300 dh à la sortie, après un passage obligé par une boutique. Venez par vos propres moyens, refusez les accompagnateurs spontanés, et si un gardien demande un pourboire, 10 à 20 dh suffisent. La menthe offerte fait partie du circuit : acceptez-la en sachant qu’on vous la fera peut-être payer.

Reconnaître un cuir de qualité

  • L’odeur : un cuir tanné à l’ancienne sent la peau et le végétal. Une odeur de plastique, de colle ou de produit chimique trahit un synthétique ou un cuir enduit.
  • La surface : un vrai cuir montre des pores et de petites irrégularités de grain et de couleur. Une surface parfaitement lisse et uniforme est suspecte.
  • La souplesse : pliez un coin. Le cuir plie sans craquer et forme de petites rides, puis reprend sa forme.
  • Les bords et les coutures : sur une pièce faite main, les bords sont repliés et cousus ou polis, avec une légère irrégularité. Des bords bruts couverts d’un bourrelet de colle uniforme signalent une fabrication en série.
  • La goutte d’eau : déposée sur une zone cachée, elle pénètre lentement et assombrit un peu le vrai cuir. Sur un synthétique, elle perle.
  • Les fermoirs : des boucles en laiton massif, lourdes, durent plus longtemps que le métal léger peint.

Le prix n’est pas une preuve : un sac très bon marché pose question, mais un prix élevé ne garantit rien. Le plus sûr reste d’acheter dans une boutique où l’on voit l’artisan travailler, dans le souk Cherratine, ou de comparer avec les pièces de l’Ensemble artisanal.

L’odeur du cuir tanné à l’ancienne

Un sac neuf peut garder plusieurs semaines l’odeur forte des tanneries. Videz-le et laissez-le aérer ouvert, à l’ombre, pendant quelques jours. Un sachet de bicarbonate de soude laissé à l’intérieur quelques heures, puis aspiré, absorbe une partie de l’odeur. Testez tout produit sur une zone cachée : le cuir tanné végétal se tache facilement et fonce à la lumière.

Payer et expédier ses achats

Payer : les souks fonctionnent en espèces, en dirhams. Gardez des billets de 20, 50 et 100 dh : beaucoup de vendeurs n’ont pas la monnaie sur 200 dh. Quelques grandes boutiques de tapis et de bijoux acceptent la carte, souvent avec un supplément de 3 à 5 %, et le marchandage se fait toujours sur un prix en espèces. Retirez avant d’entrer : il y a des distributeurs autour de Jemaa el-Fna. Certains vendeurs acceptent les euros, à un taux presque toujours défavorable.

Expédier : les boutiques de tapis organisent couramment l’envoi à l’étranger, avec un reçu pour la douane. Faites préciser par écrit le prix du transport, le délai et l’assurance avant de payer, et gardez la facture. Pour un colis ordinaire, Poste Maroc propose des envois internationaux (Postecolis, Amana International, EMS) : le bureau de poste de la place Jemaa el-Fna vous donnera les tarifs du jour.

Au retour en France : les achats rapportés dans vos bagages en avion entrent sans taxes jusqu’à 430 € par voyageur de 15 ans et plus, selon la douane française. Au-delà, il faut déclarer et payer TVA et droits sur la valeur totale de l’objet, d’où l’intérêt de garder les factures des achats importants.

Les porteurs d’eau en rouge que vous croiserez autour des souks et de la place, les guerrab, posent volontiers pour une photo : prévoyez une pièce de 10 à 20 dh.

À découvrirLa place Jemaa el-Fna heure par heure

Questions fréquentes

Quels sont les horaires des souks de Marrakech ?

La plupart des boutiques ouvrent entre 9 h et 10 h et ferment vers 20 h, tous les jours. Le vendredi, beaucoup d'échoppes ferment autour de la grande prière de midi, et certaines ne rouvrent qu'en milieu d'après-midi ou pas du tout. Les jours de fête religieuse, une grande partie des souks est fermée.

Comment marchander dans les souks de Marrakech ?

Demandez le prix, proposez 40 à 50 % de ce premier chiffre, puis montez par petits paliers. Un accord autour de 50 à 60 % du prix annoncé est courant pour un souvenir. Ne marchandez que ce que vous comptez acheter, et partez poliment si le prix ne vous convient pas.

Comment reconnaître un cuir marocain de qualité ?

Un bon cuir tanné à l'ancienne sent la peau et le végétal, pas le plastique ni le produit chimique. Il plie sans craquer, sa surface montre des pores et de petites irrégularités, ses bords sont repliés et cousus ou polis à la main, et une goutte d'eau déposée sur une zone cachée pénètre lentement au lieu de perler.

Combien coûte un sac en cuir marocain dans les souks ?

Comptez de 150 à 500 dh pour un sac de taille moyenne après marchandage, selon les guides publiés en 2026. Les grands cartables et les sacs de voyage coûtent davantage. Comparez avec les prix affichés à l'Ensemble artisanal de l'avenue Mohammed V avant d'acheter.

Peut-on payer par carte dans les souks ?

Rarement. La plupart des échoppes ne prennent que les espèces en dirhams. Quelques grandes boutiques de tapis ou de bijoux acceptent la carte, souvent avec un supplément de 3 à 5 %. Retirez avant d'entrer dans les souks : il y a des distributeurs autour de Jemaa el-Fna.

Comment enlever l'odeur d'un sac en cuir marocain ?

Videz le sac et laissez-le aérer plusieurs jours à l'ombre, ouvert. Vous pouvez y laisser un sachet de bicarbonate de soude quelques heures, puis l'aspirer. Testez toujours un produit sur une zone cachée : le cuir tanné à l'ancienne se tache facilement.

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