- Du 8 novembre au 29 décembre 2007: exposition " Moroccan graffiti "
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L’Institut Français de Fès accueille l’exposition photographique " Moroccan graffiti " de Thami Benkirane.
Cette série repose sur le concept de la " troisième image ", une projection en fondue de deux images lors d’un diaporama. Cette technique d’écriture photographique se fait directement à la prise de vue sur film argentique et tient à la surimpression d’image évoquant ainsi le palimpseste.
Ce dernier apparu dans l’Antiquité gréco-latine, désignait un manuscrit dont le scribe avait effacé le premier texte pour en écrire un autre. Le support d’un palimpseste était généralement un parchemin, parfois aussi un papyrus où l’on effaçait le support déjà utilisé à l’aide d’une pierre ponce ou avec du lait. Mais le texte original des palimpsestes perçait très souvent le nouveau texte, totalement ou laissant des traces de mots ou de lettres.Ici, Thami Benkirane se réapproprie le concept du palimpseste en laissant également une grande place au hasard et cultivant volontairement l’accident. " Je ne planifie rien et ne décide pas à l’avance du rapport entre le contenu de la première image et celle qui viendra se superposer avec elle… " explique l’artiste.
Ainsi " Moroccan graffiti " télescope plusieurs réalités et les interpénètrent, cette construction composite, ce lien entre des registres différents et ce mélange des matières donnent à l’oeuvre une alchimie très recherchée aussi bien dans ses couleurs que dans sa plastique.
Cet assemblage de réalité repose sur l’esthétique de la " troisième image " et ne se conforme à aucune unité de lieu et de temps. En revanche, la notion de temps n’en ai pas moins présente seulement elle s’exprime par la présence d’éléments photographique représentant le travail de l’érosion du temps : un attachement à la matière rebut, aux fragments d’affiches lacérées, à la rouilles, au délabrement des murs, à la ruine et aux graffitis oblitérés ou tenaces. " Le résultat est une sorte d’archéologie du quotidien et du banal, une sorte de palimpseste " confie l’auteur.
Mais un autre élément est en jeu dans l’oeuvre de Thami Benkirane et pas des moindres puisque son nom a été donné à cette série : Graffiti. Loin d’être détourné ici de sa fonction première, l’artiste le revendique au contraire comme un mode d’expression libre des jeunes. " Le graffiti constitue un champ d’investigation photographique que j’ai déjà abordé dans mes travaux précédents. C’est un puissant révélateur des tensions et des attentes propres à une société pour ceux qui savent ouvrir les yeux sur cette portée muette de leurs cris et de leurs rêves " révèle le photographe.
Dans les photos exposées, le graffiti se mélange à des scènes de la vie courante marocaines, tantôt acteur de la photo, tantôt spectateur d’un moment de vie. Ses oeuvres ne sont pas une exposition de photos de graff mais une exposition le mettant en scène comme il est dans le quotidien, et comment il est une réelle forme d’expression artistiques des sentiments humain.En découvrant ces photos, on est tout de suite interpellé par le rendu des couleurs, des perspectives, des formes graphiques qui se promènent sur le fil de l’irréalité sans jamais y succomber. L’artiste nous explique : " L’approche retenue est volontairement coloriste, mais le rendu coloré des images est décalé par rapport à notre perception habituelle du spectre des couleurs qui habille notre quotidien ."
Cette série de photo révèle un univers poétique, pointant du doigt sous la forme de suggestion en évitant le plus possible de montrer clairement ce qu’il mais en lumière. Il répond par ailleurs lui-même : " Je n’ai pas la prétention de fournir des clefs ou des pistes de lecture. La photographie est par essence frappée de mutisme. C’est à chaque spectateur de la faire parler selon ses bagages, son histoire propre, sa lucidité et son humeur du moment…". Et ajoute " Je n’ai jamais cherché à inscrire mon travail photographique dans une démarche documentaire ou sociale. Cependant, à travers le mariage heureux des couleurs et des formes, à travers la légèreté qu’imprègne ces images pointe une certaine gravité, une gravité qui vient avec l’âge ".Qui est l’artiste ?
Thami Benkirane est né en 1954 à Fès où il travaille et vit toujours. Enseignant à l’Université de Fès en sciences du langage, il se spécialise dans la phonétique expérimentale. Il expose à travers le royaume et dans de nombreuses villes européennes, participant également à plusieurs expositions collectives.
Son travail photographique résulte d’avantage de l’expérimentation que du documentaire et il déclare : " La photographie est pour moi une passion et une pratique régulière. Plusieurs chantiers sont ouverts et plusieurs paradigmes sont investis ".
L’artiste fera circuler " Moroccan graffiti " au Maroc et à l’étranger et il souhaiterai pouvoir publier ses images sous la forme de monographies.A découvrir si vous passez par là , la dose d’émotion vous transportera le temps de quelques instants…
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Par Leslie, mercredi 12 décembre 2007 à 18:02 :: #335 :: rss
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